Lexique
Anticorps Neutralisants :
Anticorps capables de reconnaître spécifiquement des régions du virus et d’empêcher en s’y fixant, l’entrée cellulaire, soit en inhibant la reconnaissance par le virus des récepteurs cellulaires (voir ci-dessous), soit en bloquant la fusion des membranes virales et cellulaires (voir mécanisme de fusion).
Cellules cibles :
Seul un petit nombre de types cellulaires permettent une infection productive du virus. Il s’agit essentiellement des lymphocytes T CD4 et des macrophages. Le VIH infecte également certaines cellules du système nerveux central.
Charge virale :
La charge virale (ou virémie) d’une personne infectée par le VIH représente la quantité de virus libres circulant dans le compartiment sanguin. Plus elle est importante, plus le patient risque de progresser rapidement vers la maladie.
Couples séro-discordants :
Désigne des couples pour lesquels seul l’un des deux partenaires est porteur du virus.
Echappement viral :
Processus permettant au virus de retrouver ses pleines capacités infectieuses malgré la présence d’un traitement antiviral. L’échappement viral apparait à la suite d’une ou plusieurs mutations naturelles du virus, sélectionnées au cours du temps.
Effet bloquant :
On parle d’effet bloquant pour des anticorps ou des molécules lorsqu’ils empêchent l’infection de cellules ou la production de virus (réplication virale).
Effet facilitant :
Au contraire, l’effet facilitant désigne la capacité d’anticorps ou de molécules à aider le virus à se multiplier.
Enzyme :
Molécule de nature protéique le plus souvent capable de modifier un ou plusieurs constituants cellulaires ou viraux. On compare souvent l’enzyme à un ouvrier jouant son rôle dans une chaine de production. Le VIH possède trois enzymes propres : la réverse transcriptase permet de transformer l’ARN viral en ADN viral, l’intégrase permet la fusion de l’ADN viral au sein de l’ADN cellulaire, et la protéase qui est nécessaire à la fabrication de nouveaux virus.
Infection latente :
Dans les types cellulaires parfois qualifiés de réservoirs (voir réservoirs viraux), le virus est hébergé de manière silencieuse pendant une période pouvant aller de quelques jours à plusieurs mois. Il est alors insensible aux traitements antiviraux.
Infections opportunistes :
Elles se produisent lorsqu’un agent pathogène (bactérie, virus) exploite les faiblesses immunitaires d’un organisme infecté par le VIH. Ce pathogène alors engendre des pathologies qui seraient normalement bien réprimées par un système immunitaire fort.
Infection productive :
L’entrée dans une cellule cible du VIH permet une production efficace de nouveaux virus libérés en nombre dans le milieu extracellulaire et capables d’infecter de nouvelles cellules. Cette libération massive de particules virales se fait d’une manière chronique et est associée à un effet de toxicité plus ou moins prononcé pour la cellule pouvant conduire à sa destruction.
Modèles d’étude du VIH :
Il existe plusieurs modèles animaux employés pour l’étude des mécanismes de l’infection qui peuvent difficilement être appréhendés chez l’Homme. Il s’agit principalement de souris de laboratoire infectées par le VIH et de macaques infectés par le VIS, l’équivalent du VIH chez le singe. Chez l’homme, les données expérimentales sont suivies par des études épidémiologiques.
Mécanisme de fusion :
La fusion consiste en la mise en continuité des membranes virales et cellulaires permettant ainsi l’entrée du matériel génétique du virus à l’intérieur de la cellule qu’il infecte.
Muqueuses :
Tissus remplissant une fonction de barrière entre l’intérieur et l’extérieur de l’organisme. Les muqueuses désignent essentiellement les tissus de la bouche, de l’appareil digestif, des organes génitaux et inclus la peau. C’est la première barrière rencontrée par le virus au cours d’une transmission virale d’une personne à une autre.
PBMC :
Pour « Peripheral Blood Mononuclear Cell ». Ce sont des cellules mononucléaires (c'est-à-dire à simple noyaux) circulant dans le sang : les monocytes (cellules qui se différencieront en macrophages) et les lymphocytes.
Récepteurs cellulaires :
Au niveau des cellules cibles du virus sont présentes des protéines reconnues par celui-ci et employées comme de véritables portes d’entrées dans la cellule. Deux récepteurs cellulaires sont nécessaires pour ce faire : le récepteur CD4 et un récepteur supplémentaire, soit CXCR4, ou soit CCR5 qui joue un rôle prépondérant dans l’établissement et le développement de l’infection.
Réplication virale :
Séquence d’évènements, depuis l’entrée du VIH dans une cellule et jusqu’à la sortie de nouveaux virus, conduisant à sa multiplication.
Réservoirs viraux :
Certains types cellulaires possèdent la propriété d’héberger le VIH sous une forme latente inaccessible aux traitements. Les lymphocytes T CD4 mémoires, les monocytes et les macrophages, constituent les types cellulaires réservoirs majeurs de l’organisme.
SIDA : Syndrome de l’Immuno Déficience Acquise :
Le SIDA se caractérise par un engagement vers un déficit immunitaire sévère résultant de la disparition massive des lymphocytes T CD4. Le malade présente alors une vulnérabilité à des infections dites opportunistes (voir ci-dessus).
Souches adaptées de laboratoire :
Les souches virales sont primaires si elles proviennent directement de prélèvements effectués chez des malades. Après des cycles de production successifs sur des lignées cellulaires de laboratoire, les souches sont dites adaptées (diffèrent sensiblement des souches primaires) et sont généralement utilisées comme modèle d’étude de première approche.
Traitement HAART (Highly active antiretroviral treatment) :
Traitement antirétroviral très actif on parle également de multithérapie. Ce traitement contre le VIH associe généralement trois médicaments ou plus, agissant à différents niveaux pour bloquer le cycle de réplication virale. L’usage d’une combinaison de médicaments permet de limiter en partie l’émergence de virus mutants insensibles au traitement.
Traitement prophylactique :
C’est un traitement d’urgence administré en cas de risque de contamination infectieuse afin d’empêcher autant que possible l’établissement de l’infection.