Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

ACTUALITES ( 27/11/2009 )


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Où en est la pandémie1 du SIDA?
Publication du rapport bi-annuel de l’ONUSIDA

Le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) est l’agent étiologique responsable du Syndrome de l’ImmunoDéficience Acquise (SIDA) et la cause indirecte de nombreuses pathologies associées. La publication du nouveau rapport conjoint ONUSIDA/OMS2 est l’occasion de faire un point sur l’état de la propagation du virus dans le Monde.

Incidence de l’infection.
Près de 33,4 millions de personnes sont contaminées parmi lesquelles, 2,1 millions d’enfants de moins de 15 ans. Ces chiffres signifient que dans le monde3, près d’une personne sur 200 est aujourd’hui porteuse du virus.
Cette valeur tend à se stabiliser depuis 6 ans (Figure 1). Celle-ci rend compte de l’équilibre entre les efforts de prévention et de soins d’une part, et le nombre de personnes nouvellement infectées d’autre part. Mais cette accalmie rassurante ne doit pas masquer l’ampleur de la contamination qui exige une réponse prophylactique et thérapeutique performante.

Evolution du nombre de contaminés entre 1990 et 2008
Figure 1 : Evolution du nombre de contaminés entre 1990 et 2008.

En effet, la progression de l’épidémie reste rapide. En 2008 comme en 2007, 2,7 millions de personnes ont été nouvellement infectées. Si l’on compare ce chiffre avec les 18 dernières années (Figure 2), on observe toutefois que la contamination ne s’accélère plus depuis 10 ans.

Nombre de personnes nouvellement infectées par le VIH entre 1990 et 2008
Figure 2 : Nombre de personnes nouvellement infectées par le   VIH entre 1990 et 2008.

La répartition de l’infection.
Si l’on s’intéresse à la répartition géographique de l’infection (Figure 3), on observe qu’elle reste massive en Afrique subsaharienne où vivent près des deux tiers des personnes contaminées.

Répartition par continent et par région du nombre de personnes infectées en 2008
Figure 3 : Répartition par continent et par région du nombre de personnes infectées en 2008.

Corrélativement, 70% des nouveaux cas sont recensés en Afrique subsaharienne (Figure 4) en 2008. Ce chiffre est bien supérieur à ceux de l’Asie du Sud, de l’Asie du Sud Est et de l’Amérique latine. Cependant ces trois dernières régions, si l’on tient compte du nombre de malades, connaissent les plus forts taux de nouvelles contaminations. On note toutefois que le nombre des nouvelles infections en Afrique subsaharienne a baissé de près de 15 % depuis 2001.

Répartition par continent et par région des nouvelles infection en 2008
Figure 4 : Répartition par continent et par région des nouvelles infection en 2008.
(D’après le rapport Onusida 2009).

L’OMS4, indique que les modes de transmission tendent à évoluer. Elle regrette cependant une certaine inertie des campagnes de prévention. Les prochaines devront donc mieux cerner les usages locaux en tenant compte de tous les modes de transmission, notamment pour les groupes à risques et cela en fonction du pays.

Nous ne sommes pas tous égaux face à la maladie.
On a pu estimer qu’en 2008, environ 7 400 personnes ont été nouvellement infectées chaque jour. Près de 90% d'entre elles vivent dans des pays à faible et moyen revenu. Cette répartition géographique de l’épidémie pose la question de l’accès aux soins.
L’épidémie a des conséquences délétères sur les plans humains et économiques et  contribue à accroître la pauvreté. Des traitements antirétroviraux efficaces permettent pourtant aujourd’hui de contenir la réplication virale. Les trithérapies dites « simples », sans inhibiteurs de protéases, sont efficaces et bien tolérées. Les personnes qui ont accès à ces traitements ne meurent plus de la maladie. Néanmoins, la mort de 2 millions de personnes en 20085 révèle que l’accès à ces soins reste toujours limité et déterminé par la situation géographique des malades (Figure 5).
Ainsi près de 15% des personnes porteuses du virus sont mortes en Asie en 2008 contre un peu plus de 3% en  Europe ou en Amérique du Nord.

Répartition par continent ou et région des décès liés au SIDA en 2008
Figure 5 : Répartition par continent ou et région des décès liés au SIDA en 2008. (D’après le rapport Onusida 2009)

Notons toutefois que des efforts considérables ont été réalisés. En effet, le taux d’accès aux soins dans le Monde était de 7% en 2003. Il atteint 42% en 2008 avec un pic de 48% en Afrique du Sud et dans l’Est du continent. Ces très gros progrès sont encourageants6 et devraient permettre de réduire les écarts entre pays riches et pays pauvres.
En conclusion, le VIH reste aujourd’hui et plus que jamais un problème de santé publique particulièrement sensible. L’organisation des soins et l’accès au traitement doivent être pris en charge de manière collective et engager la responsabilité et les ressources des gouvernements et des organismes internationaux pour la recherche de solutions globales. Déjà, les efforts faits en ce sens ont permis de faire chuter de 10% le nombre de décès liés au SIDA au cours des cinq dernières années.


Références :
1 Ou épidémie généralisée
2 Publié par l’ONUSIDA et l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA, rapport daté de Novembre 2009 et consultable dans sa version intégrale: ici
3 Environ 6,825 milliards de personnes en novembre 2009.
4 Organisation Mondiale de la Santé.
5 Ce chiffre est le même qu’en 2007.
6 Il est toutefois à noter, comme le rapport le souligne, un effet paradoxal de l’accès aux soins : la possibilité de se soigner entraîne des comportements à risques.

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