Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Lettre bimensuelle n° 71 (16-31 décembre 2011)


Format PDF

Quel(s) virus se transmet(tent) par voie hétérosexuelle?

La transmission hétérosexuelle reste de loin le principal mode de transmission du VIH. Cependant, ces mécanismes biologiques restent mal connus. La plupart des études ont été réalisées sur des homosexuels hommes ou des prostituées. Différentes études avaient précédemment montré par l’analyse des échantillons de sang, qu’un seul variant viral était à l’origine de l’infection, malgré la diversité des virus présents chez une personne infectée. On observe en effet que le virus transmis ne reflète pas la population virale du donneur. D’autres études ont d’ailleurs confirmé l’existence de cette sorte de filtre génétique dans le sang du destinataire conduisant à la sélection de variants spécifiques pendant la transmission. Aujourd’hui, on comprend mieux ce phénomène.

Des chercheurs ont ainsi étudié la relation génétique des virus présents dans le sang et les liquides génitaux chez 8 couples de Rwanda et de Zambie. Ils ont analysé les séquences d’une partie de la protéine d’enveloppe du VIH. Celles des donneurs révèlent que les virus sont hétérogènes dans le sang et dans le tractus génital. Cela s’explique par les limitations de mouvements et d’échanges entre le sang et les compartiments du tractus génital et par une reproduction des virus de manière locale.
Ces chercheurs ont alors remarqué une distribution des séquences de l’enveloppe virale stable dans le tractus génital des femmes donneuses. Au contraire, ils ont observé une grande hétérogénéité des variants viraux présents dans le sang et le tractus génital des donneurs masculins.

selection variant genetique transmission vih

Chez le receveur, ils ont remarqué une grande homogénéité des variants viraux, proches de celui qui est responsable de la contamination.
Ces chercheurs ont alors sondé ce variant chez les donneurs. Chez les 8 couples, le virus transmis n’est pas le virus majoritaire dans le tractus génital du donneur. Chez cinq d’entre eux, le variant le plus proche du virus transmis est plus présent dans le sang. Le virus sélectionné n’est donc pas issu de la population dominante. Cela montre que la transmission n’est pas uniquement aléatoire mais implique une sélection génétique du variant viral le plus transmissible.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Role of donor genital tract HIV-1 diversity in the transmission bottleneck. Boeras DI, Hraber PT, Hurlston M, Evans-Strickfaden T, Bhattacharya T, Giorgi EE, Mulenga J, Karita E, Korber BT, Allen S, Hart CE, Derdeyn CA, Hunter E. Proc Natl Acad Sci U S A. 2011 Nov 15;108(46):E1156-63.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Accèdez aux articles de la lettre bimensuelle :

LETTRES SIDABLOG
 
Plan du site ׀ Mentions Légales ׀ Designed by Absysdesign.com ׀ Nos Partenaires ׀ Copyright Sidablog 2009.