Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Revue d’articles scientifiques n°6 (16-30 Novembre 2008)


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Un modèle de cachette pour le virus du SIDA

Même avec un traitement multithérapique (combinaison de plusieurs médicaments), il n’a jamais été possible de guérir du SIDA, c’est-à-dire de débarrasser son corps de toute trace de virus. Cette observation est largement expliquée par la capacité du VIH à rentrer dans une phase « dormante » où il prend la forme d’un ADN viral caché dans nos cellules. Cet état de latence virale rend insensible le virus à tout traitement. En effet, même si les médicaments empêchent la multiplication et la transmission du virus, l’ADN viral se retrouve à l’intérieur des cellules sous une forme intégrée aux chromosomes.

L’existence de cette forme du virus est le problème majeur de la maladie puisque le VIH devient ainsi invisible au système immunitaire qui est incapable de le combattre. Petit à petit, le virus détruit les cellules de l’immunité et quand il n’en reste plus assez pour contrôler l’infection, le virus se multiplie « à découvert » et provoque un SIDA.
Jusqu’à présent, le meilleur modèle pour étudier ce phénomène de latence était le prélèvement d’échantillons cellulaires de patients déjà infectés. Parmi les cellules prélevées se trouvent des cellules déja latentes qui contiennent de l’ADN viral et qui ne produisent pas de virus. Ces échantillons permettent d’étudier le statut de latence viral mais pas sa mise en place.

Au cours d’un travail publié dans Journal of Immunology, des chercheurs montrent pour la première fois qu’il est possible de générer in vitro des cellules infectées en phase latente et qui contiennent l’ADN viral sans pour autant produire des virus infectieux. Cette stratégie est basée sur la stimulation de cellules infectées par des fragments du virus puis leur mise en phase latente à l’aide d’une protéine régulatrice, l’interleukine 7. L’utilisation de cette méthode va enfin permettre d’étudier l’origine moléculaire du phénomène de latence et la recherche d’inhibiteurs de ce phénomène.

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Marini A, et al. An In Vitro System to Model the Establishment and Reactivation of HIV-1 Latency. J Immunol. 2008 Dec 1;181(11):7713-7720.


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