Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Lettre bimensuelle n° 48 (1-15 décembre 2010)


Format PDF

Les facteurs génétiques du contrôle

Toutes les personnes ne réagissent pas de la même façon au VIH. En l’absence de traitement, une minorité des personnes infectées, les « progresseurs rapides », va progresser rapidement vers le SIDA, parfois en moins d’un an. Au contraire, il existe une faible proportion de patients (inférieure à 1%), les « contrôleurs » ou encore les « asymptomatiques à long terme », qui présente la capacité de contrôler la multiplication du VIH sans aucun traitement. On n’observe pas chez eux de chute massive du nombre de lymphocytes T CD4+ (LTCD4+) et ils ne présentent aucun signe clinique de la maladie. Ils sont aussi moins susceptibles de transmettre le virus. Les déterminants génétiques de ces différences importantes sont aujourd’hui mieux compris.

Evolution du sida

Des chercheurs du groupe international sur les contrôleurs du VIH ont analysé les modifications les plus fines des gènes qui pouvaient être associées au contrôle du virus. Ils ont alors étudié une cohorte de « contrôleurs »1 et une cohorte de « progresseurs rapides ». Le génome humain contient de 5 à 29 millions de SNPs (Single Nucleotide Polymorphisms) qui correspondent à des substitutions uniques de l’ADN entre individus : il s’agit de différences d’un seul nucléotide au sein du génome qui constituent de véritables marqueurs d’identité permettant d’identifier des gènes dans les séquences d’ADN.
Ces chercheurs ont détecté 313 SNPs présentant une signification génomique et ces SNPs se trouvent tous dans la région codante pour le système HLA2 (Human Leucocyte Antigens) sur le chromosome 6. Ils ont alors cherché ceux qui sont associés au contrôle de la réplication virale. Parmi le groupe de contrôleurs européens, ces SNPs sont localisés sur 4 régions. Dans le petit groupe des afro-américains, on observe 33 SNPs qui se trouvent sur 4 positions différentes des précédentes.
     Ils ont également démontré que ces modifications touchent certains acides aminés des HLA de classe I. Ces molécules sont capables de se lier à des fragments de protéines virales pour le présenter à des cellules spécialisées, les lymphocytes T CD8+ (LTCD8+), qui pourront alors détruire les cellules infectées. Ces modifications associées à une progression plus rapide ou plus lente de la maladie touchent probablement la conformation du fragment viral présenté aux LTCD8+ : lorsque le gène HLA-1 est différent, le fragment viral est présenté différemment par la cellule infectée aux LTCD8+ chargés de les détruire.
     Ces résultats montrent donc que la nature des interactions HLA-I et du fragment viral est un facteur majeur du contrôle du VIH par l’hôte.

controle de l'infection du VIH

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
The major genetic determinants of HIV-1 control affect HLA class I peptide presentation. International HIV Controllers Study Science. 2010 Dec 10;330(6010):1551-7.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Références :
1 Présentant moins de 2000 copies d’ARN viral / ml sur une période d’au moins un an et qui ne suivaient aucun traitement.
2 Ou molécules du CMH (complexe majeur d’histocompatibilité) que l’on trouve  à la surface des cellules et qui permettent l'identification par le système immunitaire.


Accèdez aux articles de la lettre bimensuelle :

LETTRES SIDABLOG
 
Plan du site ׀ Mentions Légales ׀ Designed by Absysdesign.com ׀ Nos Partenaires ׀ Copyright Sidablog 2009.