Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Lettre bimensuelle n° 48 (1-15 décembre 2010)


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Comment Vpu protège le VIH

Le système immunitaire est très complexe et permet de répondre à tout un panel d’agressions. Pour ce faire, de nombreuses cellules aux fonctions différentes sont importantes, en particulier les lymphocytes, les macrophages et les cellules dites « natural killers » ou NK. Ces dernières peuvent détruire les cellules infectées sans pour autant avoir déjà rencontré le virus. On comprend mieux aujourd’hui les interactions entre ces deux types cellulaires.
Les cellules NK sont essentielles au tout début de l’infection lorsque la réponse immunitaire spécifique n’a pas encore eu le temps de se mettre en place. Lorsque ces cellules rencontrent des cellules infectées, différents contacts se nouent : les récepteurs présents à leur surface vont interagir avec des ligands retrouvés sur la cellule infectée. On observe une cascade de signalisations gouvernant la réponse qui sera donnée. Celle-ci peut-être de trois types : inhibitrice, activatrice, co-activatrice. Les récepteurs d’activation de la cellule NK se fixent à des ligands activateurs de la cellule infectée. Ces interactions sont nécessaires mais non suffisantes pour que la cellule infectée soit détruite par la cellule NK. Pour cela, il faut des interactions supplémentaires : des récepteurs de co-activation doivent aussi entrer en contact avec d’autres composants de la cellule infectée. Les signaux transmis à la cellule NK lui permettront alors de détruire la cellule infectée, bien qu’elle n’ait jamais été en contact avec quelconque élément du virus. Comme nous l’observons souvent, le VIH a développé des armes de riposte qui lui permettent en particulier de réduire les agents activateurs et co-activateurs. Il existe également des récepteurs d’inhibition sur les cellules NK qui, lorsqu’ils sont activés, bloqueront ce processus de destruction.
Cependant, des chercheurs américains ont montré que l’activateur NKG2D et le co-activateur NTB-A apparaissent respectivement nécessaires à la destruction des cellules infectées par le VIH par les cellules NK mais la connexion entre ces 2 agents n’a jamais été révélée.

Les intéraction avec la cellule nk  et la cellule infectée

Ces chercheurs se sont demandés aujourd’hui si cette combinaison pourrait permettre l’activation des cellules NK et ainsi la destruction cellulaire. Ils ont montré que l’engagement simultané de ces 2 récepteurs activateurs et co-activateurs est essentiel pour entraîner l’activation des cellules NK. Ils ont montré également que l’infection par VIH entraîne une diminution de l’expression de NTB-A via la protéine virale Vpr. La cellule infectée est protégée car l’activateur NKG2D ne peut pas à lui seul entraîner le programme de destruction de la cellule NK. Ces résultats ont été observés en utilisant différentes souches virales VIH-1, dont certaines extraites de patients infectés. Parallèlement, ils ont démontré que les cellules infectées sont plus vulnérables lorsque le virus ne contient pas Vpu : en effet un VIH-1 dépourvu de Vpu, ou un VIH-2 qui ne possède pas naturellement la protéine Vpu, sont plus sensibles aux cellules NK.
Vpu apparaît donc comme un élément essentiel permettant au VIH d’échapper à la réponse immunitaire précoce.

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Degranulation of Natural Killer Cells Following Interaction with HIV-1-Infected Cells Is Hindered by Downmodulation of NTB-A by Vpu Ankur H. Shah, Bharatwaj Sowrirajan, Zachary B. Davis, Jeffrey P. Ward, Edward M. Campbell, Vicente Planelles, and Edward Barker L. Cell Host Microbe. 2010 November 18; 8(5): 397–409.


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