Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Lettre bimensuelle n° 46 (1-15 novembre 2010)


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Les cellules dendritiques infectées pourraient
contrôler le VIH

Les cellules dendritiques (DC) sont les premières cibles du virus au niveau des muqueuses lors de sa transmission par voie sexuelle. Elles ont un double rôle : Premièrement, elles transmettent le virus aux lymphocytes. T CD4+ (LTCD4+) qui participent  à sa dissémination en rejoignant la circulation sanguine. Deuxièmement, Elles sont essentielles pour déclencher la réponse immunitaire contre le VIH. Les DC semblent toutefois assez résistantes au VIH. En effet, le virus ne peut pas les infecter mais se lie à elles, ce qui permet de l’acheminer aux LTCD4+. Dans certains cas, le VIH peut infecter les DC. C’est ce que l’on observe avec le VIH-2 qui sévit principalement en Afrique de l’ouest et qui touche seulement près de 2% des personnes nouvellement infectées dans le monde.

Des chercheurs de l’Université de New-York se sont demandé si ces DC une fois infectées, peuvent tout de même permettre l’activation cellulaire et la transmission du VIH-1. Ils ont tout d’abord observé que la coinfection par VIH-1 et VIS1 permet une activation cellulaire visible et une réponse antivirale non spécifique qui ne serait détectable qu’au dessus d’un certain seuil d’infection et qui résulterait d’une production d’interferon β de type I2.
Ils ont ensuite recherché quelle étape du cycle viral est nécessaire pour cette activation des DC. Ils ont montré que certaines protéines virales (Gag et Pol), synthétisées par le virus à l’intérieur des DC, sont alors essentielles. On sait depuis plus de 15 ans que la coque interne du VIH se fixe à la cyclophiline A (CYPA) pour infecter les cellules. On sait maintenant que le traitement des cellules infectées par la cyclosporine, qui bloque la CYPA, entraîne une perte d’activation cellulaire et une baisse de la réponse antivirale contre le VIH. Par ailleurs, la réponse interféron entraîne également l’activation d’un facteur nucléaire (IFR3) qui semble aussi essentiel au déclenchement de la réponse immunitaire antivirale.

activation-reponse-immunitaire-cellules-dendritiques

Ces résultats montrent donc que les cellules dendritiques humaines ont des atouts propres pour répondre à l’infection. Cependant, lors de l’infection par le VIH-1, les cellules dendritiques n’étant que peu infectées, toute cette machinerie ne peut se mettre en place. Ce n’est pas le cas pour le VIH-2 qui est capable d’infecter les DC.
A la différence de VIH-1, l'infection par le VIH-2 ne concerne qu’une minorité de patients originaires d'Afrique de l'Ouest et centrale. En l'absence de traitement antirétroviral, le potentiel évolutif de l'infection par le VIH-2 est plus lent que celui du VIH-1. De même, le risque de transmission du VIH-2 est plus faible que celui du VIH-1, que ce soit par voie sexuelle ou au cours de la transmission de la mère à l’enfant. Ces résultats pourraient expliquer pourquoi le VIH-2 est moins pathogène que le VIH-1.
Ainsi une meilleure compréhension de ces mécanismes pourrait être très intéressante pour le développement d’un vaccin contre le VIH.

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A cryptic sensor for HIV-1 activates antiviral innate immunity in dendritic cells. Manel N, Hogstad B, Wang Y, Levy DE, Unutmaz D, Littman DR. Nature. 2010 Sep 9;467(7312):214-7.
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Références :

1 Le virus d'immunodéficience simienne (VIS) est un virus apparenté au VIH qui touche exclusivement les singes.
2 Voir lettre SIDABLOG n°40.


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