Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Lettre bimensuelle n° 41 (16-30 juin 2010)


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Les adjuvants sont aussi des composants essentiels des vaccins.

Un adjuvant est une substance du vaccin capable d’augmenter l’intensité de la réponse immunitaire dirigée contre un antigène administré en même temps. Dans le cadre de la vaccination contre le VIH, il a donc pour but d’améliorer, d’accélérer et de prolonger la réponse immunitaire spécifique contre le virus. On sait toutefois aujourd’hui qu’une combinaison d’adjuvants pourrait stimuler efficacement la réponse immunitaire antivirale non spécifique.
Il existe en effet aujourd’hui de nombreux adjuvants : des sels minéraux, des matières huileuses, des particules inertes, des dérivés microbiens … et des cytokines. Ces dernières stimulent la réponse immunitaire et l’orientent de façon très précise. C’est le cas de la cytokine IL-15. Une autre famille d’adjuvants est composée de molécules qui se fixent naturellement sur les récepteurs Toll-like (TLR). Ces molécules ajoutées à une préparation vaccinale augmentent la quantité et la qualité de la réponse immunitaire T spécifique. Elles peuvent aussi stimuler l’immunité non spécifique en particulier via la production d’interférons (voir lettre SIDABLOG n° 38). Ces adjuvants moléculaires sont importants dans le développement de nouvelles stratégies vaccinales destinées à protéger les muqueuses de l’entrée de certains virus comme le VIH.
Yongjun Suia et ses collaborateurs ont étudié les effets de 3 ligands des TLR combinés à de la cytokine IL-15. 20 macaques on été vaccinés par voie rectale en utilisant ses adjuvants. Seuls les macaques qui ont reçu les deux types d’adjuvants ont été protégés contre une inoculation intra-rectale du virus réalisée 22 semaines après la vaccination.
Cette protection est due à l’action synergique des ligands des TLR et d’IL-15. Ils produisent non seulement une réponse T CD8 + cellulaire spécifique de bonne qualité, mais aussi une immunité innée à long terme fondée sur des taux élevés du facteur antirétroviral cellulaire APOBEC3G (A3G). Les ligands des TLR stimuleraient l’IL-15 en favorisant la synthèse de son récepteur (l’IL-15Ra) et l’IL-15 activerait la production d’A3G et d’IL-15Ra par les ligands des TRL. Ces effets sur l’immunité non spécifique sont observés même lorsque le vaccin ne contient pas d’antigène. Ils ne sont alors pas suffisants pour protéger les animaux.
Ainsi, l'utilisation d’adjuvants combinés protège les muqueuses en soutenant l’immunité non spécifique et spécifique. Il reste néanmoins à déterminer les mécanismes mis en jeu et à optimiser ces effets, dans le but de développer de futurs vaccins contre le VIH.

Effet synergique d’IL-15 et ligands TLR contre le VIH

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Innate and adaptive immune correlates of vaccine and adjuvant-induced control of mucosal transmission of SIV in macaques. Sui Y, Zhu Q, Gagnon S, Dzutsev A, Terabe M, Vaccari M, Venzon D, Klinman D, Strober W, Kelsall B, Franchini G, Belyakov IM, Berzofsky JA. Proc Natl Acad Sci USA. 2010 May 25;107(21):9843-8.


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