Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Lettre bimensuelle n°38 (1-15 mai 2010)


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Des anticorps anti-VIH se serviraient de nos cellules

Généralement, les anticorps neutralisants, capables de bloquer le VIH, sont dirigés contre sa partie externe et l’empêchent de pénétrer dans les cellules. On vient de montrer que d’autres anticorps, qui reconnaissent un composant de la membrane cellulaire, sont aussi capables de bloquer l’entrée du virus.
Pour comprendre leur rôle, il faut rappeler que le VIH utilise une double porte pour entrer dans les cellules. La première, le récepteur CD4, est commune à tous les virus ; la seconde, les corécepteurs CCR5 ou CXCR4, diffère selon les souches. Les virus présents pendant la phase précoce de la maladie utilisent CCR5 : c’est le corécepteur principal responsable de sa transmission par voie sexuelle. A l’origine, CCR5 est un récepteur de chimiokines qui joue un rôle important dans le système immunitaire. Il permet d’orienter les lymphocytes vers les tissus infectés. Pour cela, certaines petites protéines, ou chimiokines, notamment RANTES, MIP-1a et MIP-lb, doivent rentrer en contact avec lui et le stimuler. Lorsqu’un tissu est infecté, quelle que soit la maladie, ces chimiokines qui attirent les lymphocytes sont produites, tel un appel au secours. Pour cela, elles se fixent sur les récepteurs CCR5. Lorsque ces récepteurs sont occupés, cela empêche le VIH de les utiliser comme moyen d’entrer et de se répliquer.
Moody et ses collaborateurs ont montré que quatre anticorps humains PGN632, P1, IS4 et CL1, peuvent inhiber l’entrée du VIH dans les cellules nucléées du sang en utilisant ces chimiokines pour contrer l’infection. La cible de ces anticorps n’est pas le virus lui-même, mais des lipides présents dans la majorité des membranes cellulaires. La fixation de ces anticorps à la membrane des monocytes du sang entraîne la synthèse des chimiokines MIP-1a et MIP-lb qui se lient alors au récepteur CCR5 des lymphocytes T environnants. La réplication virale est alors réduite de 4/5 dans 85% des échantillons de sang.
Il paraît important cependant de déterminer si ces anticorps anti-phospholipides peuvent également bloquer le VIH in vivo chez les patients et d’identifier les mécanismes mis en jeu.

Les anticorps anti phospholipide bloquent l'entrée du vih par production de chimiokines
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Anti-phospholipid human monoclonal antibodies inhibit CCR5-tropic HIV-1 and induce beta-chemokines. Moody MA, Liao HX, Alam SM, Scearce RM, Plonk MK, Kozink DM, Drinker MS, Zhang R, Xia SM, Sutherland LL, Tomaras GD, Giles IP, Kappes JC, Ochsenbauer-Jambor C, Edmonds TG, Soares M, Barbero G, Forthal DN, Landucci G, Chang C, King SW, Kavlie A, Denny TN, Hwang KK, Chen PP, Thorpe PE, Montefiori DC, Haynes BF. J Exp Med. 2010 Apr 12;207(4):763-76.


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