Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Lettre bimensuelle n°38 (1-15 mai 2010)


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Le VIH fragiliserait l’organisme en perméabilisant ses barrières.

On pense depuis quelques années que le VIH détériore la paroi intestinale libérant ainsi dans le sang des substances bactériennes. Elles seraient responsables de l’activation du système immunitaire, puis de l’immunodéficience (voir lettre SIDABLOG n°14). Des chercheurs suggèrent aujourd’hui que le virus pourrait aussi fragiliser certaines muqueuses et les rendre perméables aux agents infectieux.
La plupart du temps, le virus entre dans l’organisme par des sécrétions contaminées. Il doit pour cela traverser la barrière de la muqueuse vaginale ou annale au niveau des lésions ou de micro-lésions suffisantes pour permettre son passage. Il peut également traverser directement les cellules de la muqueuse. Le virus est ensuite au contact des cellules dendritiques qui le transportent alors vers les régions où elles le transmettent aux lymphocytes T CD4+. Ces cellules infectées participent finalement à sa dissémination en rejoignant la circulation générale.
Des chercheurs canadiens montrent pour la première fois que  le virus fragilise aussi bien des cellules de la muqueuse génitale que des lignées de cellules intestinales. Sa protéine d’enveloppe de surface (gp120) déclenche la production de TNF-a indépendamment de la réplication virale. Cette cytokine détruit des protéines des jonctions serrées qui assurent la cohésion de la muqueuse. Cela ouvre alors un accès aux cellules immunitaires du tissu conjonctif sous-jacent, puis au sang pour le VIH, à la circulation sanguine pour les bactéries. Cela pourrait ainsi participer à la suractivation du système immunitaire observée chez les malades. On peut supprimer cet effet délétère du VIH soit en neutralisant la gp120, soit en bloquant le TNF-a produit, soit en utilisant un virus sans enveloppe.
Ces résultats contredisent le modèle selon lequel cela serait les cellules sanguines, et non pas les cellules des muqueuses épithéliales, qui produiraient chez les personnes infectées les protéines pro-inflammatoires telles que le TNF-a. Ils doivent donc être confirmés en particulier sur des modèles animaux.
Il paraît important de connaître précisément le rôle de la perméabilité de la barrière épithéliale durant les premières étapes de l’infection afin de développer des approches préventives efficaces.

Le VIH altère la perméabilité des muqueuses permettant une translocation bactérienne

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Exposure to HIV-1 directly impairs mucosal epithelial barrier integrity allowing microbial translocation. Nazli A et al. PLoS Pathogens 6 (4): e1000852, 2010.


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