Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Lettre bimensuelle n°36 (1-15 avril 2010)


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Même latents, les virus se répliquent.

Les traitements actuels disponibles éliminent efficacement les virus circulant dans le sang mais certains persistent dans des cellules réservoirs.  Jusqu’alors, on pensait que ces virus étaient statiques et dormants. Aujourd’hui, on sait  que chez certains patients ces virus se répliquent aussi.
Actuellement, on dispose de trois grands types de médicaments capables d’empêcher le virus de proliférer dans l'organisme : les inhibiteurs de protéase, de transcriptase inverse et de fusion. Leurs cibles sont certaines protéines virales du processus de réplication.
A ceux-là s’ajoute désormais le raltégravir, un inhibiteur de l'intégrase virale qui empêche le virus de parasiter les gènes de la cellule hôte. En effet, l'intégrase permet d’incorporer le matériel génétique du VIH sous forme d’ADN dans celui de la cellule humaine. Lorsque qu’elle est bloquée, le fragment d’ADN viral va être mis en boucle par la cellule et s’accumuler dans le noyau (voir lettre SIDABLOG revue d’articles n° 28 et figure).
En ajoutant aux traitements HAART (Highly active antiretroviral treatment) le raltégravir, des chercheurs espagnols ont étudié l’ADN viral circulaire non intégré. Pendant 48 semaines, ils ont suivi 69 patients sous traitement HAART avec une charge virale plasmatique inférieure à 50 copies d’ARN/ml. En plus de leur traitement, 45 d’entre eux ont reçu du raltégravir. On a prélevé des cellules mononuclées comprenant les lymphocytes et les monocytes circulants. Après extraction de l’ADN, on a recherché l’ADN viral non intégré par la technique PCR (Polymerase Chain Reaction). Parallèlement,  on a observé l’activation des lymphocytes circulants. Lorsque l’on intensifie le traitement par le raltégravir, les chercheurs observent une augmentation transitoire de l’ADN viral circulaire chez près de 30% des patients. Ces ADNs proviennent de virus récemment produits mais bloqués à l’étape d’intégration. Cela montre que chez un tiers des patients traités, la réplication virale persiste. L’effet transitoire du raltégravir suggère que cette réplication virale peut être bloquée.
Les chercheurs ont également montré que cette réplication virale dans les cellules-réservoirs conduit à l’activation du système immunitaire. Malgré le traitement, le virus aurait des effets délétères.
Cette étude soulève alors plusieurs questions :
- la réplication virale est-elle essentielle pour maintenir le réservoir de virus latents ?
- Pourrait-il être réduit par un traitement renforcé approprié ?

Augmentation de l'adn viral circulaire après traitement raltegravir

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HIV-1 replication and immune dynamics are affected by raltegravir intensification of HAART-suppressed subjects. Maria J Buzón, Marta Massanella, Josep M Llibre, Anna Esteve, Viktor Dahl, Maria C Puertas, Josep M Gatell, Pere Domingo, Roger Paredes, Mark Sharkey, et al. Nature Medicine 16, 460-465 (14 March 2010).


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