Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Lettre bimensuelle n°35 (16-31 mars 2010)


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Repérer les types de virus chez les patients traités.

La thérapie antirétrovirale hautement active (HAART), est une combinaison de 3 à 4 drogues. La plupart des patients infectés par le VIH venant de pays occidentaux, ayant bénéficié de ce traitement, présentent désormais des charges virales indétectables. Les virus sont latents dans certaines cellules mais peuvent se propager en fin de traitement. On vient de déterminer le tropisme de ces virus « dormants », c'est-à-dire quels récepteurs, CCR5 ou CXCR4, peuvent-ils utiliser pour infecter les cellules ?
 Les patients en bonne santé doivent malgré tout rester sous traitement tout au long de leur vie. Il est ainsi essentiel de développer de nouvelles classes d’antirétroviraux adaptés à ces types de patients, médicaments qui seraient moins toxiques et présenteraient moins d’effets secondaires, comme par exemple les anti-intégrases ou les inhibiteurs de CCR5 (corécepteurs du VIH lors de sa pénétration dans la cellule hôte). Cependant, pour utiliser les inhibiteurs de corécepteurs, il est impératif de connaître le tropisme du virus présent chez les patients infectés : certains virus (R5) ne peuvent utiliser que CCR5, d’autres (X4) seulement CXCR4 et les derniers (R5X4) utilisent les deux corécepteurs.
Des chercheurs de l’Hôpital Pitié-Salpêtrière se sont penchés sur l’analyse des séquences d’ADN de la boucle V3 des virus (voir lettre SIDABLOG n°25) pour déterminer les tropismes viraux d’une cohorte de 200 patients traités. Ces patients n’ont jamais reçu d’antagonistes de CCR5 et montrent une charge virale plasmatique indétectable. 
Seuls 140 échantillons ont été analysés avec succès et on observe que 69% sont de tropisme R5 et 31% de tropismes R5X4 ou X4. Les seules corrélations qu’ils mettent en avant sont celles du tropisme avec le nadir (nombre de lymphocytes T CD4+ le plus bas atteint) et avec le nombre actuel de lymphocytes T CD4+ (LTCD4+). En effet le nadir était de 108 cellules/mm3 pour les tropismes R5X4 ou X4 contre 193 cellules/mm3 pour le tropisme R5. Aujourd’hui, les patients infectés par le X4 ou R5X4 ont un taux de LTCD4+ de 429 cellules/mm3 alors que pour les autres, il est de 540 cellules/mm3.
Ainsi, comme lors d’études précédentes, la plupart des virus des patients en succès virologique sont de type R5 (70%), ce qui reflète assez bien le rôle majeur joué par CCR5 lors de l’infection. Cette étude montre aussi qu’il est important de déterminer le tropisme viral avant tout début de traitement par des antagonistes de CCR5, même chez les patients dont le nombre de LTCD4+ est supérieur à 350 cellules/mm3.

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Factors associated with proviral DNA HIV-1 tropism in antiretroviral therapy-treated patients with fully suppressed plasma HIV viral load: implications for the clinical use of CCR5 antagonists. Soulié C, Fourati S, Lambert-Niclot S, Malet I, Wirden M, Tubiana R, Valantin MA, Katlama C, Calvez V, Marcelin AG. J Antimicrob Chemother. 2010 Apr;65(4):749-51.


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