Lettre bimensuelle n°35 (16-31 mars 2010)


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Co-infection VIH et tuberculose :
quand commencer le traitement antirétroviral ?

En 2007, 33 millions de personnes sont infectées par le VIH-1 et 9,2 millions de personnes sont porteuses du bacille de la tuberculose. Le SIDA et la tuberculose sont étroitement liés et le nombre de personnes co-infectées ne cesse de croître. En Afrique du Sud, plus des 2 tiers des tuberculeux sont porteurs du VIH. On vient de déterminer le meilleur moment pour démarrer la thérapie antirétrovirale chez ces patients co-infectés.
Les personnes infectées par le VIH présentent des risques plus importants de développement de maladies opportunistes, étant donné la faiblesse du système immunitaire. La tuberculose reste la maladie opportuniste la plus représentée et cause la plupart des décès des patients infectés par le VIH dans les pays en voie de développement.
On avait jusqu’alors du mal à déterminer le meilleur moment pour démarrer la thérapie antirétrovirale chez ces patients co-infectés. Alors que l’OMS préconisait de réaliser des traitements en parallèle (antirétroviraux et chimiothérapies antituberculeuses), dans les faits, le début de la thérapie antirétrovirale est souvent retardé à la fin du traitement antituberculeux pour éviter les interactions possibles.
Récemment, des chercheurs sud-africains ont réalisé une étude dans le but de déterminer la période optimale pour amorcer la thérapie antirétrovirale chez 642 patients de Durban co-infectés par le VIH et traités pour la tuberculose. Ils ont alors constitué deux groupes recevant la thérapie antirétrovirale, soit durant le traitement contre la tuberculose, ou soit après celui-ci. Ils ont alors montré que commencer la thérapie antirétrovirale en même temps que la thérapie antituberculeuse diminue la mortalité d’environ 56% (5,4 % de morts par an pour les patients recevant le traitement antirétroviral en même temps que le traitement antituberculeux, contre 12,1% pour ceux qui ont reçu les antirétroviraux après la fin du traitement antituberculeux). De surcroît, de nombreux patients sont morts dans le deuxième groupe entre les deux traitements.
Enfin, les chercheurs montrent qu’à l’issue de cette double thérapie, des effets secondaires apparaissent : ils sont importants mais pas mortels.
Ces données devraient renforcer les directives actuelles de l’OMS qui recommandent de combiner le traitement antituberculeux et le traitement antirétroviral chez les patients co-infectés.

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Timing of initiation of antiretroviral drugs during tuberculosis therapy. Abdool Karim SS, Naidoo K, Grobler A, Padayatchi N, Baxter C, Gray A, Gengiah T, Nair G, Bamber S, Singh A, Khan M, Pienaar J, El-Sadr W, Friedland G, Abdool Karim Q. N Engl J Med. 2010 Feb 25;362(8):697-706.


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