Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Lettre bimensuelle n°35 (16-31 mars 2010)


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Une avancée technique pour mieux étudier l’infection.

Voilà désormais 25 ans que le virus responsable du SIDA et les chercheurs se mobilisent toujours pour combattre ce fléau. Une nouvelle technique de laboratoire permet aujourd’hui de synchroniser l’infection des cellules cibles et de réaliser des études cinétiques extrêmement précises.
Il est essentiel de comprendre parfaitement l’ensemble des différentes étapes du cycle viral et les interactions avec les défenses immunitaires mises en place par l’organisme. Pour ce faire, le développement de nouvelles techniques de pointe est une étape cruciale.
Lors des études in vitro sur l’infection, l’incubation des cellules et du virus n’aboutit qu’à un très faible pourcentage de cellules infectées. En effet, la reconnaissance entre l’enveloppe virale et les récepteurs cellulaires est limitée et réduit considérablement l’efficacité de l’infection. Ainsi, plusieurs méthodes ont été mises au point dans le but d’accroître ce pourcentage. Les deux principales sont la magnétofection et la spinoculation qui permettent une augmentation identique du nombre de cellules infectées. En revanche, la spinoculation se réalise sur un temps long (2h de centrifugation puis incubation à 37°C) pouvant ainsi endommager les cellules et les virus, alors que la magnétofection est très rapide (1 minute).
Des chercheurs de l’Université du Wisconsin se sont intéressés à la magnétofection. Cette technique utilise la force magnétique pour permettre une infection in vitro synchronisée des cellules cibles. Les virus (VIH ou VIS) sont, dans un premier temps, rendus magnétiquement actifs (associations électrostatiques entre la protéine d’enveloppe et des nanoparticules cationiques ferreuses). Ensuite, grâce à un champ magnétique ces virus sont dirigés vers la surface des cellules cibles. On a ainsi réduit l’étape d’interaction entre les virus et les cellules : on les aide ainsi à se rencontrer. On a alors une synchronisation de l’infection à l’étape de fixation du virus à la cellule.
Cette technique présente malgré tout quelques inconvénients : En effet, il persiste toujours de faibles quantités de nanoparticules magnétiques après l’infection qui peuvent perturber l’expérience. De plus, il est nécessaire de faire attention aux concentrations de virus utilisés car il peut se produire une surinfection des cellules.
Néanmoins, cette technique a déjà permis bon nombre de résultats intéressants : on connait maintenant le temps exact nécessaire pour que les épitopes viraux soient reconnus par les cellules T cytotoxiques. On peut décrire aujourd’hui précisément la dynamique conformationnelle de la protéine d’enveloppe du VIH. On connait plus précisément l’efficacité de certains anticorps neutralisants…

La magnetofection améliore l'efficacité de l'entrée du vih dans les cellules

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Synchronous infection of SIV and HIV in vitro for virology, immunology and vaccine-related studies. Sacha JB, Watkins DI. Nat Protoc. 2010;5(2):239-46.


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