Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Revue d’articles scientifiques n°33 (16-28 février 2010)


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Plus de gènes pour lutter contre le VIH

On sait que des facteurs génétiques protègent certaines personnes de l’infection. Parmi ceux-là, le gène CCL3L1 joue un rôle. En effet, le récepteur de chimiokines CCR5 est le principal récepteur qui permet au VIH d’infecter les cellules. Les substances humaines et normales qui se fixent à CCR5 sont capables de bloquer l’entrée du virus lors de test in vitro, et parmi elles, CCL3L1 est le plus puissant suppresseur du VIH. Or, le gène codant pour CCL3L1 peut être présent en un nombre de copies variables, de 1 à 6, avec une moyenne de 2 chez les Européens de souche.
Des études récentes controversées (voir lettre SIDABLOG n°25) indiquaient que plus on possédait d’exemplaires du gène de CC3L1, plus on résistait au VIH. Ce résultat vient cependant d’être confirmé par une étude réalisée sur des consommateurs de drogues.
On sait depuis plusieurs années que plus la quantité CCL3L1 est faible, plus la quantité de récepteurs CCR5 est élevée et donc associée à un haut risque d’infection. Des chercheurs se sont intéressés aux relations existant entre le nombre de copies de CCL3L1 et le risque d’infection par le VIH et les virus des hépatites B (HBV) et C (HCV) sur une cohorte de 374 Estoniens consommateurs de drogues. Rappelons que les co-infections par le VIH et le virus de l’hépatite C sont fréquentes par contamination sanguine.

Ils ont montré qu’un grand nombre de copies de CCL3L1 réduit l’infection par le VIH, et cela indépendamment de la durée de leur dépendance et des co-infections éventuelles. En revanche, ils constatent que ce surnombre de CCL3L1 n’influence en rien le risque d’infection par le HCV. Ces chercheurs ont montré que les sujets co-infectés par le VIH et  l’HCV possèdent généralement un nombre réduit de copie des CCL3L1. Cependant, chez ceux qui sont  infectés seulement par l’HCV, on dénombre énormément de CCL3L1.
L’ensemble de ces données souligne l’importance du nombre de gènes codant pour CCL3L1 pour la susceptibilité à l’infection et l’intérêt de cibler son récepteur (CCR5) pour bloquer le VIH. Ces résultats semblent mettre fin aux réserves quant au rôle protecteur de CCL3L1.

nombre de copies ccl3l1 élevé protège contre le VIH mais pas contre le HCV

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CCL3L1 copy number is a strong genetic determinant of HIV seropositivity in Caucasian intravenous drug users. Huik K, Sadam M, Karki T, Avi R, Krispin T, Paap P, Rüütel K, Uusküla A, Talu A, Abel-Ollo K, Lutsar I. J Infect Dis. 2010 Mar;201(5):730-9.


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