Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Revue d’articles scientifiques n°32 (1-15 Février 2010)


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Comment les mutations coopèrent pour résister au VIH

Chez les patients sous traitement, les formes virales persistantes présentent des mutations des protéines virales qui perturbent l’action des médicaments sans pour autant affecter la survie du virus. C’est l’un des principaux obstacles aux traitements. Ces mutations semblent concerner essentiellement deux enzymes virales indispensables à la reproduction du virus : la protéase et la transcriptase réverse. Jusqu’à présent, plusieurs méthodes ont été élaborées afin de déduire les niveaux de résistance en fonction du génotype viral. Cependant, celles-ci restaient limitées et souvent difficiles à interpréter. Des chercheurs viennent toutefois d’élaborer une nouvelle méthode.
Ils se sont penchés sur les interactions entre des mutations de résistance du VIH en utilisant des techniques de dynamique moléculaire. Celle-ci consiste à déterminer les bases moléculaires des interactions entre mutations. Ces dernières bloquent la fixation des drogues à leur cible virale et ainsi leurs effets antiviraux. Leur modèle a été testé sur 3 antiviraux : un inhibiteur de protéase (indinavir), un inhibiteur de la transcriptase reverse nucléosidique (zidovudine) et un inhibiteur de la transcriptase réverse non nucléosidique (neviparine). Ils montrent alors que les mutations des acides aminées 46, 54 et 82 de la protéase modulent directement et de façon coopérative l’effet de l’indinavir.
Plus précisément les simples associations entre ces mutations ont des effets différents : par exemple, la mutation 54 inhibe la résistance causée par la mutation en position 46 et la mutation 46 amplifie la résistance engendrée par la mutation en position 82. Pour la zidovudine, les chercheurs ont montré que plusieurs mutations arrivent ensemble, celles des positions 41, 210, 215, et qui permettent la réactivation de la transcriptase reverse. En revanche, ils n’ont détecté aucune interaction modulant la résistance à la néviparine.
Les simulations par dynamisme moléculaire permettent donc de mieux comprendre les modifications virales et les résistances aux drogues. Bien que cette étude doit être approfondie, les auteurs proposent de transposer cette approche pour analyser la résistance aux médicaments d’autres maladies infectieuses.

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Detecting and understanding combinatorial mutation patterns responsible for HIV drug resistance. Zhang J, Hou T, Wang W, Liu JS. Proc Natl Acad Sci USA. 2010 Jan 26;107(4):1321-6.


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