Revue d’articles scientifiques n°32 (1-15 Février 2010)


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Un antiviral ciblant des caractéristiques communes des virus : vers un nouvel espoir ?

Un antiviral parfait doit répondre à plusieurs caractéristiques : être efficace contre le virus, ne pas engendrer d’effet secondaire chez les patients et accessible à tous. Plus encore, il devrait pouvoir s’attaquer à plusieurs classes de virus. Une molécule antivirale est à ce titre prometteuse.
Les virus peuvent en effet se classer en deux grandes catégories : les virus enveloppés et les virus non-enveloppés, suivant qu’ils sont englobés dans une membrane provenant de la cellule dans laquelle ils se multiplient. Plusieurs études ont déjà montré que certaines molécules (les lysophosphotidylcholines) pouvaient s’intercaler au niveau des lipides des membranes, qu’elles soient virales ou cellulaires.
 
Les lésions membranaires que ces molécules engendrent peuvent être réparées rapidement par les cellules. Ces dernières ne sont donc pas inquiétées. En revanche, celles des enveloppes virales sont irrémédiablement abîmées. Ces nouvelles molécules pourraient être alors des antiviraux efficaces contre une large variété de virus.
Des chercheurs américains ont alors étudié un composé de ce type. Ils ont ainsi montré qu’une petite molécule, LJ001, se fixe aux membranes lipidiques, inhibant le processus de « fusion cellulaire » et empêchant ainsi différents virus enveloppés (VIH, Ebola, VSV…) de pénétrer dans les cellules. Ces perturbations de la membrane virale peuvent affecter la fluidité ou la rigidité de l’enveloppe. Elles mettent en péril sa capacité de subir des modifications nécessaires pour permettre cette première étape du cycle de réplication virale. Leurs travaux ont confirmé que les membranes cellulaires peuvent se réparer d’elles-mêmes et surmonter les effets toxiques de cette molécule à la différence des membranes virales. De plus, cette molécule semblerait limiter la capacité des virus à développer une résistance puisque qu’elle agit sur un composant d’origine cellulaire. In vivo, ils ont enfin montré que LJ001 disparaît très rapidement dans le sang. C’est pourquoi des études supplémentaires seront nécessaires pour lui assurer une plus grande stabilité dans l’organisme.
La molécule LJ001 semble ainsi empêcher l’entrée du virus dans la cellule hôte après son attachement à la membrane, sans avoir d’effet sur le système cellulaire. Cet inhibiteur est donc particulièrement prometteur pour l’ensemble des recherches sur les infections virales.

Inhibition-entree-VIH-par-LJ001

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A broad-spectrum antiviral targeting entry of enveloped viruses. Wolf MC, Freiberg AN, Zhang T, Akyol-Ataman Z, Grock A, Hong PW, Li J, Watson NF, Fang AQ, Aguilar HC, Porotto M, Honko AN, Damoiseaux R, Miller JP, Woodson SE, Chantasirivisal S, Fontanes V, Negrete OA, Krogstad P, Dasgupta A, Moscona A, Hensley LE, Whelan SP, Faull KF, Holbrook MR, Jung ME, Lee B. Proc Natl Acad Sci USA. 2010 Feb 16;107(7):3157-62.

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