Revue d’articles scientifiques n°30 (1-15 Janvier 2010)


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Des auto-anticorps provoqueraient des anémies
chez les personnes infectées

En temps normal un organisme sain produit peu d’auto-anticorps. Ce sont des protéines aberrantes car elles s’attaquent à notre propre corps. Heureusement, toutes ne sont pas pathologiques et elles sont en trop faible nombre pour que cela ait des conséquences. Le VIH, en bouleversant cette proportion, détériore plus encore l’organisme.
 Parmi les désordres immunitaires, on observe fréquemment chez les personnes infectées des auto-anticorps en très grand nombre. C’est la suractivation du système immunitaire par le VIH qui en serait la cause. Certains de ces auto-anticorps bloquent l’érythropoïétine (EPO), une enzyme nécessaire à la production des globules rouges. Ils pourraient contribuer aux anémies fréquentes chez les patients. L'anémie se caractérise en effet par la diminution de l’efficacité des globules rouges, soit parce qu’ils sont en nombre insuffisant, soit parce qu’ils sont défaillants. L’oxygène circule alors mal dans l’organisme. Bien qu’elle puisse être grave pour les malades du SIDA, on n’en connaissait pas parfaitement les causes.
Des chercheurs grecs ont observé que des auto-anticorps anti-EPO sont présents chez 23% des patients infectés. Afin de déterminer si la présence d’anti-EPO chez les personnes séropositives augmente le risque d’anémie, ces chercheurs ont étudié 113 patients pendant 9 ans.
Ils ont alors montré que les anémies sont plus fréquentes chez les patients au stade SIDA que chez ceux qui n’ont pas développé la maladie. Ils pensent que la présence d’auto-anticorps anti-EPO est significativement associée au développement de l’anémie : 70% de patients anémiques ont des anti-EPO contre 31% des patients non anémiques et les patients porteurs de ces auto-anticorps ont deux fois plus de chances de développer une anémie. Ils ont montré aussi que le traitement par antiviraux diminue notablement la quantité d’anti-EPO et le risque d’anémie.
Tout cela suggère que les auto-anticorps anti-EPO favorisent l’anémie et pourraient permettre d’anticiper son développement. Les traitements antiviraux, en luttant contre le VIH, préviennent le développement ces auto-anticorps et donc les risques d’anémie. On doit cependant émettre quelques réserves. Cette étude a été réalisée sur un petit nombre de patients et demande à être confirmée.

VIH entrainerait de l'anémie

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Circulating antibodies to endogenous erythropoietin and risk for hiv-1-related anemia. Tsiakalos A, Kordossis T, Ziakas PD, Kontos AN, Kyriaki D, Sipsas NV. J Infect. 2009 Dec 24.

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