Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Revue d’articles scientifiques n°30 (1-15 Janvier 2010)


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APOBEC3G active aussi la réponse immunitaire

Lors d’une infection, l’organisme réagit par une réponse rapide et non spécifique. Après cela, il déclenche une réponse secondaire dite adaptée, dirigée spécifiquement contre l’agresseur. On sait depuis plusieurs années que lors de la première phase, la protéine cellulaire APOBEC3G (A3G) joue un rôle majeur dans l’immunité antivirale. On sait aujourd’hui qu’elle favorise aussi la réponse immunitaire adaptée.
Les cellules attaquées par le VIH tentent de se protéger grâce à plusieurs protéines, notamment A3G. Celle-ci bloque la réplication du virus en provoquant de nombreuses mutations dans le  génome viral (par son activité qu’on appelle « l’édition ») ce qui rend le virus impuissant. Pour contrecarrer A3G, le VIH possède en revanche la protéine Vif (viral infectivity factor) qui protège sa réplication.
Mais comment les deux moments de la réponse immunitaire s’enchainent-ils ? On sait que la reconnaissance du virus par les éléments du système immunitaire non spécifiques, active la réaction immunitaire adaptée. C’est au cours de cette réponse secondaire que des cellules cytotoxiques s’attaquent au VIH. Elles peuvent permettre de réduire nettement la quantité de virus dans le sang pendant les phases aiguës et  chroniques de la maladie bien que cette réponse varie d’un individu à l’autre. Cette réponse secondaire est déclenchée par des cellules ayant été au contact avec le virus, notamment les lymphocytes infectés, les cellules dendritiques ou les macrophages ayant phagocyté le VIH. Celles-ci présentent des morceaux du virus aux cellules cytotoxiques qui, ainsi activées, combattent les cellules infectées.
Des chercheurs de l’Institut Pasteur se sont alors intéressés à l’effet d’A3G sur cette réponse cytotoxique. Ils ont montré d’abord que les cellules infectées par le VIH dépourvu du gène à l’origine de Vif activent les cellules cytotoxiques de manière trois fois plus importante que celles qui sont infectées par le virus entier. Ils ont observé ensuite que  l’activité d’édition d’A3G est nécessaire à l’activation des cellules cytotoxiques. Ils ont montré enfin que des virus transformés artificiellement, comme l’aurait fait A3G, favorisent la réponse cytotoxique. On pense qu’en faisant muter exagérément le virus, A3G créé des virus anormaux mais différents, incapables de se répliquer mais qui constituent autant de formes du virus dont l’organisme apprend à se protéger par anticipation.
Ainsi cette étude révèle un autre rôle d’A3G : c’est non seulement un facteur antiviral intrinsèque qui limite la reproduction du VIH, mais c’est aussi un régulateur de la réponse ciblée des lymphocytes cytotoxiques contre les cellules infectées.

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The antiviral factor APOBEC3G improves CTL recognition of cultured HIV-infected T cells. Casartelli N, Guivel-Benhassine F, Bouziat R, Brandler S, Schwartz O, Moris A. J Exp Med. 2009 Dec 28.

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