Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Revue d’articles scientifiques n°29 (16-31 Décembre 2009)


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Comment le VIH imite l’homme

Le système immunitaire s’attaque aux corps étrangers et préserve les éléments propres à l’organisme. Pour cela, il doit être capable de distinguer ce qui nous appartient. Il se sert à cet effet des épitopes humains, morceaux de protéines qui sont comme des signaux. En les reconnaissant, le système immunitaire n’engage pas la production d’anticorps dirigés contre eux. Les parties saines de l’organisme sont ainsi préservées des attaques du système immunitaire. Des chercheurs pensent que le virus provoque une production spécifique d’anticorps contre lui que l’organisme va de lui-même être obligé de réduire.
Comment s’y prend-il ? On a découvert que l’anticorps humain 2F5 protège le macaque contre l’infection par un virus proche du VIH. Cet anticorps 2F5 est produit par l’organisme en présence de l’enveloppe du VIH. Comme tout anticorps, il doit reconnaître un épitope viral et le distinguer des épitopes humains pour ne pas abîmer l’organisme. Or, les chercheurs pensent que cet anticorps pourrait s’attaquer également à certaines structures saines du corps humain.
A partir de souris de laboratoire ils ont produit des anticorps proches de 2F5. In vivo, ils ont constaté que les souris produisent peu de cet anticorps. Les lymphocytes B qui les fabriquent sont freinés. A quoi peut tenir une telle inhibition ?
Ces scientifiques pensent que les 2F5 attaquent en partie des cellules humaines dont un épitope ressemble à l’épitope viral. Le virus a sans doute sélectionné au cours de ses mutations des épitopes spécifiques, à même d’introduire une confusion dans le système immunitaire. En mimant des épitopes humains, le virus fait en sorte de retourner les armes de l’organisme contre lui-même. Les anticorps 2F5 pourraient s’attaquer au virus mais devraient pour cela attaquer aussi le corps humain. Les lymphocytes B qui les produisent sont donc peu nombreux pour que l’organisme ne se lèse pas lui-même. Le virus n’a donc en face de lui que des défenseurs trop peu nombreux.
Ces découvertes peuvent alors être essentielles pour le développement d’anticorps neutralisants contre l’enveloppe du VIH, car elles montrent qu’il est important de concevoir des vaccins pouvant contourner ces phénomènes de tolérance immunologique, conséquence du « mimétisme viral ». Le but ultime de l’ensemble des recherches scientifiques et cliniques sur le VIH serait de permettre le développement d’un vaccin efficace contre le virus tout en étant inoffensif pour l’organisme en lui-même.

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Autoreactivity in an HIV-1 broadly reactive neutralizing antibody variable region heavy chain induces immunologic tolerance. Laurent Verkoczy, Marilyn DiazT. Matt Holl, Ying-Bin Ouyang,Hilary Bouton-Verville, S. Munir Alam, Hua-Xin Liao, Garnett Kelsoe, and Barton F. Haynes PNAS published online before print December 14, 2009.


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