Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Revue d’articles scientifiques n°29 (16-31 Décembre 2009)


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Comment certains gènes nous fragilisent

Il apparaît que certains individus ont des prédispositions au développement du SIDA. Une fois infectés, ils ont tendance à développer plus rapidement ou plus lentement la maladie. C’est le système génétique HLA de classe I (HLA I) qui explique le plus cette particularité. Dans cet ensemble de gènes, on a identifié les allèles du groupe B*35 il y a près de dix ans comme des facteurs accélérateurs du SIDA. On comprend aujourd’hui comment ils agissent.
Les protéines du HLA I sont disposées sur la partie extérieure des cellules et sont propres à chaque individu. Le système immunitaire utilise les HLA pour distinguer les cellules du soi de celles d’un autre organisme. Les cellules dendritiques (DCs) sont des cellules qui jouent un rôle central dès le début la réponse immunitaire spécifique et sont porteuses des molécules HLA I. Elles informent les lymphocytes T de l’intrusion d’un élément étranger dans l’organisme qui sont alors activés.
Les cellules dendritiques se trouvent dans l’ensemble des tissus de l’organisme et sont rapidementexposées aux antigènes étrangers. Après une infection par le VIH, les DCs phagocytent le virus et elles vont alors présenter à leur surface des morceaux de virus via les molécules HLA I. Ces cellules sont alors activées ce qui leur permet de migrer vers les ganglions lymphatiques. Là, les morceaux du virus associés aux molécules HLA I sont reconnus par les lymphocytes T CD8+ qui détruisent les cellules infectées.
Cependant, pour déclencher cette suite de réactions, les DCs doivent pouvoir être activées. Elles possèdent à leur surface un récepteur ILT4 qui peut inhiber cette activation. Pour comprendre comment certains organismes développent plus ou moins vite la maladie, des chercheurs se sont intéressés à l’activation d’ILT4.
Ils ont mis en évidence l’effet immunorégulateur des allèles de HLA I via leurs interactions avec les récepteurs ILT4. Ils ont montré qu’un allèle HLA-B*35-PX, B*3503, reconnaît préférentiellement ILT4 et provoque un dysfonctionnement des DCs. A l’inverse, un allèle HLA-B*35-PY, B*3501, qui ne diffère que d’un acide aminé de B*3503, reconnaît plus faiblement ILT4. Ces effets sont indépendants du fragment viral associé aux HLA I. Il est dès lors logique que l’expression du premier ou du second accélère ou non la progression de la maladie.
Ces études fournissent alors de nouvelles pistes pour la compréhension des fonctions immunorégulatrices des allèles de HLA I dans l’infection par le VIH et le développement de nouveaux traitements.

allele B35 acceleration du sida

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HLA-B*35-Px-mediated acceleration of HIV-1 infection by increased inhibitory immunoregulatory impulses. Huang J, Goedert JJ, Sundberg EJ, Cung TD, Burke PS, Martin MP, Preiss L, Lifson J, Lichterfeld M, Carrington M, Yu XG. J Exp Med. 2009 Dec 21;206(13):2959-66.

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