Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Revue d’articles scientifiques n°29 (16-31 Décembre 2009)


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Quelles sont les chances de succès d’un traitement ?

L’arrivée des thérapies d’antirétroviraux combinées a permis une diminution de la mortalité. Cependant l’échec thérapeutique reste conséquent. Des essais thérapeutiques, incluant des patients sélectionnés, avaient été réalisés jusqu’alors pour comparer les monothérapies ou bithérapies aux multithérapies. Une étude réalisée sur un grand nombre de patients suisses confirme que ce sont le manque d’adhérence aux traitements et le nombre d’échecs antérieurs qui déterminent les chances d’efficacité d’un traitement.
Des chercheurs se sont donc intéressés aux facteurs responsables de l’échec virologique chez des patients infectés sous multithérapie au sein d’une cohorte suisse. Ils ont distingué 2 groupes au sein de cette cohorte : les patients suivant des monothérapies ou des bithérapies (G1) et ceux ayant commencé directement les thérapies antirétrovirales combinées (G2). Ils ont constaté lors de la première visite que le pourcentage de patients ayant des charges virales faibles (moins de  50 copies/ml de sang) est de 84.6 % chez les patients sous monothérapie ou bithérapie contre 89.1 % parmi ceux sous multithérapie. Lors de la seconde visite, parmi le groupe G1, 45.9% n’ont plus de charge virale détectable contre 62.5% pour le groupe G2. En revanche, 7% du groupe G1 et 6% du groupe G2 se signalent par un échec virologique avec des charges virales ≥ 50 copies/ml.
Ils se sont alors intéressés à l’histoire de chaque patient en regardant les échecs des traitements précédents et en mesurant la rigueur avec laquelle ils suivent leur traitement (l’adhérence). Ils ont alors constaté que les facteurs de risques principaux sont le nombre d’échecs thérapeutiques antérieurs ainsi que le manque d’adhérence aux traitements, les modifications (25%) ou encore leur arrêt (3%).
Cependant, les patients ayant démarré une monothérapie ou une bithérapie et désormais sous multithérapie n’avaient que des traitements partiellement efficaces contre l’infection avant la multithérapie. Bon nombre ont subi un échec virologique avec les traitements ultérieurs, certainement dû à l’apparition de mutations suite aux traitements précédents. En effet, 3 ans après le début des multithérapies, 35% des patients préalablement sous monothérapie ou bithérapie étaient en échec virologique contre seulement 20% des patients ayant reçu dès le début des multithérapies.
Il apparaît donc nécessaire d’informer les patients du risque d’échec des traitements en fonction de leur histoire thérapeutique et surtout de leur adhésion. On sait en réalité que l’interruption des traitements conduit à l’émergence de virus résistants. L’adhérence est d’autant plus importante que de nouvelles molécules pouvant prolonger efficacement l’action des antiviraux existants sont en cours de développement.

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Impact of previous virological treatment failures and adherence on the outcome of antiretroviral therapy in 2007. Ballif M, Ledergerber B, Battegay M, Cavassini M, Bernasconi E, Schmid P, Hirschel B, Furrer H, Rickenbach M, Opravil M, Weber R; Swiss HIV Cohort Study. PLoS One. ;4(12):e8275.

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