Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Revue d’articles scientifiques n°28 (1-15 Décembre 2009)


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Des anticorps pour protéger l’organisme

Comme l’homme, le chat peut être infecté par un virus, le VIF (virus de l’immunodéficience féline) qui conduit au SIDA. On vient de montrer que deux tiers des chats infectés progressent plus lentement vers la maladie grâce à des anticorps qu’ils produisent, non pas contre le virus mais contre son récepteur.
Les modes de transmission du VIF sont semblables à ceux du VIH : les voies sanguine et mucosale ou la transmission verticale de la chatte au chaton. La progression de l’infection est très apparentée à celle du VIH : lors de la primo-infection, la charge virale augmente fortement et le nombre de lymphocytes T CD4+ diminue durant les stades avancés. Les deux virus pénètrent dans la cellule-hôte via des récepteurs à la surface de celle-ci, en premier lieu le CD4 pour le VIH et le CD134 pour le VIF. L’étude du VIF est donc particulièrement intéressante et il est très aisé de suivre l’évolution de la réponse immunitaire humorale et cellulaire qui progresse parallèlement à l’infection.
Des chercheurs californiens se sont intéressés aux anticorps produits par les animaux à la suite de l’infection. Pour cela, ils ont travaillé sur une cohorte de plus de 600 chats sur une période de 30 ans. Ils ont observé chez tous les chats infectés une forte production d’anticorps dirigés contre le VIF, notamment des anticorps neutralisants, c’est-à-dire capables de bloquer l’infection. Ils sont dirigés contre la glycoprotéine de surface du VIF (les anti-SU).
De façon surprenante, ils ont découvert chez certains chats des anticorps dirigés contre le récepteur présent à la surface des cellules. Ces anticorps (les anti-CD134) provoquent la dissociation de la glycoprotéine SU du récepteur CD134. Deux tiers des chats possèdent ces anticorps. Ils sont par ailleurs en meilleure santé, survivent mieux à l’infection et ont des charges virales plus basses. Ainsi, il semble que cette réponse anti-CD134 réduit l’infection par le VIF.
Ces anticorps anti-CD134 apparaissent donc plus efficaces que les anti-SU chez l’animal bien que les deux bloquent le virus in vitro.
Comme pour le chat, l’infection chez l’homme conduit à une production d’anticorps, dont certains dirigés contre les récepteurs du VIH. Mais les données sont lacunaires et on ignore leur efficacité exacte.

comment anti-CD134 bloque le VIF

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Improved health and survival of FIV-infected cats is associated with the presence of autoantibodies to the primary receptor, CD134. Grant CK, Fink EA, Sundstrom M, Torbett BE, Elder JH. Proc Natl Acad Sci USA. 2009 Nov 24;106(47):19980-5.


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