Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Revue d’articles scientifiques n°25 (16-31 Octobre 2009)


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SIDA et cancers

L’infection par le VIH entraîne une importante dégradation du système immunitaire qui finit par ne plus pouvoir lutter contre la moindre intrusion dans l’organisme. Ainsi, les personnes infectées contractent de nombreuses maladies dites opportunistes qui peuvent conduire à leur mort.

Parmi ces maladies, on compte différents types de cancers. Certains sont très typiques du VIH, tels que le sarcome de Kaposi (cancer développé à partir du tissu conjonctif), le lymphome non-hodgkinien (cancer qui se développe à partir du tissu lymphoïde), ou encore le cancer du col de l’utérus.
On a découvert récemment que les personnes séropositives sont particulièrement susceptibles de développer des cancers dits non liés au VIH, tels que le lymphone de Hodgkin, le cancer bronchique, les tumeurs du testicule, du foie, ou de l’anus. Et, depuis le début des thérapies antirétrovirales combinées en 1996, l’incidence des cancers dits SIDA a diminué.
En revanche, le pourcentage de cancers dits non-SIDA a augmenté. Ainsi, bien que l’état immunitaire du patient semble accroître le risque de cancers, l’effet de l’infection et des thérapies restent à élucider.
Des chercheurs ont donc étudiés l’incidence de la charge virale, de la quantité de lymphocytes T CD4+ et des thérapies combinées sur le développement de cancers liés ou non au SIDA, sur 60.000 patients suivis dans le réseau d’hôpitaux français entre 1998 et 2006. Si l’immunodéficience favorise bien le développement de tous les cancers examinés, les chercheurs ont montré que les cancers dits SIDA sont essentiellement dépendants de la charge virale existante et donc indirectement de l’effet des thérapies sur celles-ci. Ceci explique alors la diminution de ces cancers depuis le début des thérapies combinées. En revanche, le développement des cancers non-SIDA semblent essentiellement liés à l’état du système immunitaire mesuré par la quantité de lymphocytes T CD4+.
Cette étude montre donc que les thérapies antirétrovirales combinées pourraient être encore plus performantes si elles restauraient ou maintenaient la quantité de lymphocytes T CD4+ au delà de 500 cellules par µl de sang. C’est le seuil au-delà duquel un système immunitaire affaibli nous protége cependant de certains cancers.
Cela suggère que les personnes infectées devraient être traitées précocement et bénéficier d’un programme de détection de cancers, comme ceux de l‘utérus, du poumon, ou encore de l’anus.

Différents cancers se développe après infection VIH
(a) inférieure à 500 cellules par Ál.
(b) supérieure à 100 000 copies par ml.
(c) qui diminue avec le temps et devient inférieure à 200 cellules par Ál.

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Effect of immunodeficiency, HIV viral load, and antiretroviral therapy on the risk of individual malignancies (FHDH-ANRS CO4): a prospective cohort study. Guiguet M, Boué F, Cadranel J, Lang JM, Rosenthal E, Costagliola D; on behalf of the Clinical Epidemiology Group of the FHDH-ANRS CO4 cohort.
Lancet Oncol. 2009 Oct 7.


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