Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Revue d’articles scientifiques n°25 (16-31 Octobre 2009)


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Progression et contrôle du VIH chez les nouveaux-nés.

Les enfants infectés par le VIH développent plus rapidement le SIDA que les adultes et ont une espérance de vie de 1 à 2 ans. Malgré cela, certains enfants semblent plus résistants que d’autres. On peut faire l’hypothèse que des facteurs génétiques qui protégent la mère contre le virus pourraient être transmis à l’enfant et ainsi le protéger.
En effet, les molécules du HLA (human leukocyte antigen) contrôlent la réponse immunitaire et le rejet des greffes. Le polymorphisme des HLA de classe I est jusqu’à présent considéré comme le facteur génétique le plus puissant et le plus important contre le SIDA. Des gènes spécifiques permettent la production de ces molécules. Elles pourraient aussi protéger certains enfants.
Ces molécules permettent l’exposition de fragments de virus à la surface des cellules infectées et le rendent ainsi plus vulnérable. Ainsi, les lymphocytes T CD8+ pourront reconnaître ces molécules et détruire les cellules infectées. C’est pourquoi, chez certaines patients, le contrôle naturel de la multiplication virale est fortement associé à une réponse cellulaire immunitaire des lymphocytes T CD8+ via ces molécules HLA protectrices. Les variants viraux qui échapperaient à la réponse cellulaire immunitaire sont alors affaiblis et se multiplient plus lentement.
Des chercheurs ont observé 8 enfants infectés par leur mère à Durban en Afrique du sud. Ils ont ainsi étudié l’effet de la vitesse de réplication du virus maternel sur les enfants infectés. Ils ont tout d’abord différencié comme chez les adultes, deux groupes : les progresseurs lents et les progresseurs rapides. Ainsi, ces auteurs mettent en évidence une différence de réplication entre les deux groupes, les enfants progresseurs lents présentent des variants viraux ayant une réplication virale plus faible. Par conséquent, chez ces enfants la réponse CD8+ est plus efficace, permet un meilleur contrôle viral, et une progression plus lente de la maladie.
Plusieurs facteurs génétiques viraux auraient pu expliquer ces différences entre les taux de réplication virale. Cependant, ces auteurs ont montré que ces variations dépendent essentiellement du type de virus spécifiquement reconnu par les molécules HLA transmises par la mère. Ainsi les enfants exprimant les mêmes molécules HLA protectrices que leur mère semblent développer moins rapidement la maladie s’ils reçoivent également les mêmes variants viraux.
Cette étude permet donc de relever l’importance des interactions hôte-virus lors des transmissions mère-enfant. Elle montre aussi que la transmission de virus faiblement réplicatifs associée à des molécules HLA protectrices est essentielle pour un bon contrôle du virus.
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Replicative Capacity of Mother-to-Child transmitted virus is associated with pediatric HIV-1 disease progression rate. Prado JG, Prendergast A, Thobakgale C, Molina C, Tudor-Williams G, Ndung'u T, Walker BD, Goulder P. J Virol. 2009 Oct 14.


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