Revue d’articles scientifiques n°24 (1-15 Octobre 2009)


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Séropositifs en bonne santé : les vertus d’un bon suivi

Grâce aux traitements le SIDA est devenu une maladie chronique. Les personnes traitées doivent prendre des médicaments tout au long de leur vie. Si elles suivent correctement les prescriptions, non seulement elles augmentent leur espérance de vie, mais elles peuvent aussi mieux tolérer les oublis éventuels.
Le suivi d’une maladie chronique constitue en effet une contrainte à plusieurs niveaux : d’une part à cause des effets secondaires et d’autre part, parce qu’une discipline thérapeutique est nécessaire. Ainsi, ces traitements ne sont pas toujours pris de manière parfaitement régulière.

Dans le cas du SIDA, ces oublis sont un problème majeur : ne pas prendre son médicament peut conduire à l’augmentation de la quantité de virus et, par voie de conséquence, l’apparition de résistances. L’émergence de virus résistants est en effet liée à des mutations dues le plus souvent à des concentrations trop basses d’antirétroviraux. Aujourd’hui les antirétroviraux sont plus puissants qu’auparavant. Les patients sont donc protégés plus longtemps, même en cas d’oubli. Le seuil de discipline exigé pour réaliser la suppression virale a nettement diminué : il est désormais de 70% pour être efficace.
En se fondant là-dessus, des chercheurs ont voulu tester une hypothèse : si les patients respectent les ordonnances suffisamment longtemps, le virus reste en petite quantité dans le sang (50 copies/ml). l’impact de l’oubli des médicaments est fortement réduit.
A quoi ressemble un patient discipliné ? Dans l’étude, il s’agit de patients chez lesquels le virus est peu présent depuis longtemps et chez lesquels on trouve une forte quantité de lymphocytes T CD4+. Sociologiquement on les trouve principalement au sein de l’ethnie blanche caucasienne. Au contraire, les patients moins disciplinés sous parfois ceux qui consomment des drogues dures.
Les auteurs ont donc montré que pour des patients qui prennent au moins la moitié de leur traitement, la probabilité que le virus se multiplie diminue avec la durée du bon suivi médicamenteux antérieur. En effet, pour le groupe ayant une adhésion de 75 à 89% au traitement, l’échec virologique est estimé à 31% après une période d’efficacité d’un mois alors qu’il n’est que de 6% après une période de 12 mois.

adhérence au traitement contre le VIH

L’adhérence au traitement a donc un double effet : elle permet d’un part d’obtenir une longue suppression virale et d’autre part d’atténuer les effets d’oublis éventuels de médicaments.

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The risk of virologic failure decreases with duration of HIV suppression, at greater than 50% adherence to antiretroviral therapy. Rosenblum M, Deeks SG, van der Laan M, Bangsberg DR. PLoS One. 2009 Sep 29;4(9):e7196.


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