Vulgarisation Scientifique des résultats de la recherche sur le SIDA / VIH

Revue d’articles scientifiques n°24 (1-15 Octobre 2009)


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Les VIHs évoluent-ils tous au même rythme ?

La conception d’un vaccin contre le VIH se heurte à sa grande capacité de mutation. Au cours de la réplication du VIH, de nombreuses erreurs apparaissent ce qui explique la variété des virus. Parmi les différents types, on doit cependant distinguer différents rythmes d’évolution.
Comment les gènes évoluent-ils ? Le génome humain possède des contrôles réguliers qui permettent une réplication quasi-exacte. En revanche, pour le VIH, ces contrôles n’existent pas : l’enzyme virale de réplication (la réverse transcriptase) induit de nombreuses erreurs qui ne sont pas réparées. De plus, le VIH se multiplie extrêmement rapidement. On observe alors un grand nombre de mutations au sein de son génome qui persistent et s’accumulent. Certaines lui sont même profitables car elles lui permettent de résister au système immunitaire.
Actuellement, on distingue 4 groupes M, N, O et P. Le plus important, le groupe M, responsable de la pandémie, est lui-même subdivisé en 9 sous-types : A, B, C, D, F, G, H, J et K. lorsque ces derniers se joignent, ils forment de nouveaux virus dits recombinants. On en dénombre aujourd’hui 43 formes. Ces différents sous-types sont différemment répartis dans le monde géographique.

Répartition du VIH dans le monde

On ignore encore beaucoup de choses sur les taux d’évolution des différents sous-types, c'est-à-dire sur leur vitesse de mutation. Les taux d’évolution peuvent être le reflet soit d’une pression sélective de l’hôte par son système immunitaire, soit de la vitesse de sa réplication. Lorsque le virus est agressé par le système immunitaire, il peut survivre en mutant. La pression sélective introduit donc des mutations dans le génome viral qui modifieront ses propriétés. Elle s’exprime dans le taux de mutations non synonyme (dN). La vitesse de réplication se mesure quant à elle par le taux de substitution synonyme (dS), c'est-à-dire de mutations « muettes » qui ne modifient pas les propriétés du virus.
Des chercheurs ont comparé les évolutions des différents sous-types. Ils montrent ainsi que leur taux d’évolution varient : par exemple, les groupes G et CRF02-AG révèlent les taux de substitution les plus élevés. Ces taux de mutation s’expliquent à la fois par des propriétés biologiques du virus et la pression sélective immunitaire contre lui. De plus, le sous-type D possède les taux dN et dS les plus faibles. Mais est ce qu’un faible taux d’évolution suffit à expliquer les caractéristiques du virus ?
Ces résultats suggèrent des différences de propriétés biologiques entre les sous-types, et cela particulièrement en ce qui concernent leur vitesse de réplication, leur taux de mutation, et la pression sélective. En s’appuyant sur ces données, on pourra sans doute mieux comprendre la diversité génétique du virus et parvenir ainsi à de meilleures stratégies de vaccination.

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Quantifying differences in the tempo of HIV-1 subtype evolution. Abecasis AB, Vandamme AM, Lemey P. J Virol. 2009 Sep 30.


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