Revue d’articles scientifiques n°12 (1-15 Mars 2009)
De nouvelles données sur l’ancêtre du VIH
La 16e Conférence annuelle sur les Rétrovirus et les Infections Opportunistes (CROI) s’est tenue le mois dernier à Montréal. Cela a été l’occasion pour les chercheurs du monde entier de présenter les résultats de leur derniers travaux sur le SIDA. Signe du temps, et contrairement aux précédentes années, il n’y a pas eu de présentations d’avancée majeure dans le développement de nouvelles stratégies de prévention ou de traitements. Cependant, un chercheur de l’université de l’Alabama a présenté de nouvelles données sur l’infection des chimpanzés par le SIV, l’équivalent du VIH chez les singes.
Il est désormais couramment accepté que l’épidémie du VIH-1 découle d’une transmission du SIV du chimpanzé à l’homme. Néanmoins, quand au début des années 1990 des chercheurs ont infecté des chimpanzés avec du VIH, ces derniers ne sont pas tombés malades. Cette observation les a conduits à estimer que le SIV avait évolué avec le chimpanzé pour se multiplier sans provoquer de SIDA.
Aujourd’hui, les nouvelles normes éthiques interdisent les expérimentations sur les chimpanzés, mais les équipes peuvent étudier les chimpanzés sauvages dans leur milieu naturel. Les chercheurs de l’université de l’Alabama ont ainsi pu mettre en évidence la progression d’une épidémie de SIV dans une colonie de chimpanzés. Celle-ci a été associée à une augmentation de la mortalité parmi les singes. De plus, des analyses effectuées sur des singes morts retrouvés en forêt ont pu mettre en évidence des traces de SIDA sur les cadavres. Le SIV pourrait donc provoquer des formes de SIDA chez les chimpanzés en milieu naturel.
Ces résultats, qui contrastent nettement la théorie couramment admise, vont avoir des implications importantes pour la recherche sur le VIH. En effet, il faudra maintenant se demander pourquoi le SIV détruit le système immunitaire des chimpanzés alors que le VIH ne leur fait rien, malgré le fait que ces deux virus soient presque identiques. La réponse à cette question pourrait avoir des conséquences importantes dans le développement d’un vaccin.
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Cohen J. Retrovirus meeting. HIV/AIDS researchers reach for high-hanging fruit. Science. 2009 Feb 20;323(5917):996-7
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